La forêt française n’a jamais couvert autant de surface, mais elle n’a jamais été aussi fragile. Selon le dernier inventaire forestier national de l’IGN, publié en octobre 2025, la mortalité des arbres en France a plus que doublé en dix ans. Un paradoxe qui inquiète autant les forestiers que les collectivités locales.

Un volume de bois mort qui explose

Les chiffres de l’IGN sont sans appel : entre 2015 et 2023, la France a enregistré en moyenne 16,7 millions de mètres cubes de bois mort par an, contre 7,4 millions de mètres cubes seulement entre 2005 et 2013. Le stock total de bois mort débout atteint désormais 159 millions de mètres cubes, soit environ 5 % du volume total de la forêt française. Dans le même temps, la surface boisée continue de progresser : elle atteint 17,6 millions d’hectares en 2024, avec un gain annuel d’environ 90 000 hectares, deux fois plus rapide qu’au siècle dernier.

Sécheresses, scolytes et chalarose : des causes bien identifiées

Ce n’est pas un épisode isolé qui affaiblit les arbres, mais l’accumulation de plusieurs stress climatiques successifs : un hiver trop doux, un printemps humide, puis un été caniculaire peuvent former une combinaison particulièrement délétère pour un même peuplement. Les sécheresses répétées fragilisent les arbres et les rendent plus vulnérables aux bioagresseurs. Résultat, certaines essences payent un lourd tribut : l’épicéa commun est aujourd’hui l’espèce la plus touchée, attaqué par les scolytes, devant le frêne (chalarose) et le châtaignier, fragilisés par des maladies fongiques. Les incendies, plus fréquents et plus intenses ces dernières années, achèvent d’affaiblir des massifs déjà sous tension.

Une forêt qui grandit en surface mais s’affaiblit en profondeur

Le stock de bois vivant a lui aussi fortement progressé, passant de 1,8 à 2,8 milliards de mètres cubes en trente ans, soit une hausse de 50 %. Mais cette croissance en volume masque une dégradation sanitaire réelle : sur certaines essences comme l’épicéa, les arbres qui meurent sont désormais plus nombreux que les jeunes pousses qui les remplacent. Un déséquilibre qui, s’il se confirme dans la durée, pourrait inverser la tendance dans les décennies à venir.

Des conséquences concrètes, au-delà de la forêt

Ce dépérissement n’est pas qu’une affaire de forestiers. Une forêt affaiblie stocke moins de carbone, régule moins bien les températures locales et devient plus vulnérable aux incendies : de quoi peser sur les politiques d’adaptation déjà engagées par les collectivités. Les particuliers ne sont pas épargnés non plus : dans son propre jardin, un arbre affaibli par la sécheresse doit être surveillé de près, un enjeu que les bons réflexes d’arrosage en période de restriction permettent en partie de limiter. De la même façon, éviter de trop nettoyer son jardin à l’automne, comme le recommandent les spécialistes, aide les sols et les racines à mieux résister aux stress climatiques successifs, un geste détaillé dans ce guide sur le jardin en automne.

Quelles réponses pour préserver les massifs forestiers ?

Face à ce constat, plusieurs leviers sont déjà activés : diversification des essences plantées, surveillance renforcée des foyers de bioagresseurs, coupes sanitaires ciblées et soutien financier aux collectivités qui engagent des programmes de restauration écologique. Des dispositifs comme Mission Nature, financé par le Loto de la biodiversité, ou le Fonds vert dédié à la transition écologique des territoires, participent à financer ces actions à l’échelle locale. Pour les propriétaires forestiers, le message des experts reste le même : anticiper plutôt que subir, en adaptant dès aujourd’hui le choix des essences aux climats de demain.

Questions fréquentes

Pourquoi la mortalité des arbres a-t-elle autant augmenté en France ?

Principalement à cause de l’accumulation de sécheresses successives, qui affaiblissent les arbres et les rendent plus vulnérables aux bioagresseurs (champignons, insectes xylophages) ainsi qu’aux incendies.

La forêt française recule-t-elle pour autant ?

Non, sa surface continue de progresser : elle atteint 17,6 millions d’hectares en 2024, avec un gain annuel d’environ 90 000 hectares. C’est la santé des arbres qui se dégrade, pas la superficie boisée.

Quelles essences sont les plus touchées par ce dépérissement ?

L’épicéa commun, attaqué par les scolytes, arrive en tête, devant le frêne, touché par la chalarose, et le châtaignier, fragilisé par des maladies fongiques.

Sources

IGN – Derniers résultats de l’inventaire forestier national

Maire-info – La mortalité des arbres a augmenté en dix ans selon l’IGN

TIME France – Pourquoi les arbres meurent plus vite en France

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale