À la rentrée 2026, le dispositif deux heures de sport en plus au collège change d’échelle sans pour autant devenir la règle partout en France. Lancé il y a deux ans à titre expérimental, il s’ouvre désormais à tous les collèges publics volontaires qui souhaitent le mettre en place, mais le ministère de l’Éducation nationale a renoncé à l’imposer à l’ensemble des 7 000 collèges du pays. Un recentrage qui en dit long sur l’écart entre l’ambition initiale et les contraintes de terrain.

Un dispositif né d’un constat sur la sédentarité des adolescents

Le point de départ du programme est un chiffre qui a marqué les discussions au ministère : à l’âge du collège, seul un tiers des garçons et un quart des filles pratiquent une heure d’activité physique quotidienne, le seuil recommandé pour cette tranche d’âge. Face à ce décrochage, l’idée est simple : ajouter deux heures de sport par semaine, en dehors des cours d’éducation physique et sportive classiques, sur des créneaux encadrés par des enseignants, des éducateurs ou des clubs partenaires. L’objectif affiché n’est pas de former des champions, mais de remettre en mouvement les élèves les plus éloignés de la pratique sportive, souvent les mêmes qui décrochent aussi sur le plan scolaire.

Ce constat rejoint des préoccupations plus larges sur la santé des jeunes, à l’heure où les recommandations sanitaires insistent sur l’importance de bouger au quotidien, y compris en dehors du cadre strictement sportif. Il fait aussi écho à un essoufflement plus général observé après les Jeux olympiques : le ralentissement des prises de licences sportives constaté à cette rentrée montre que l’engouement pour le sport ne se maintient pas de lui-même.

De l’expérimentation à l’ouverture à tous les volontaires

Le dispositif deux heures de sport en plus n’est pas une nouveauté brute : il s’appuyait déjà sur 715 établissements volontaires engagés depuis le lancement de l’expérimentation. Une instruction ministérielle a acté, cet été, l’ouverture du programme à tous les collèges publics qui souhaitent candidater, sans attendre une bascule générale imposée d’en haut. Sur le terrain, les équipes pédagogiques qui s’engagent reçoivent une dotation calculée sur une base forfaitaire par élève inscrit, avec un plancher minimal garanti pour les petits établissements, afin de financer l’encadrement, le matériel ou les déplacements vers des équipements sportifs extérieurs.

Les activités proposées varient selon les établissements : sports collectifs, activités de pleine nature, remise en forme douce, ou encore partenariats avec des associations locales de sport. Cette souplesse est présentée comme un atout pour coller aux réalités de chaque collège, mais elle complique aussi l’évaluation uniforme du dispositif à l’échelle nationale.

Pourquoi la généralisation totale n’a pas eu lieu

Initialement envisagée pour l’ensemble des collèges, la généralisation à tous les 7 000 établissements du pays a finalement été écartée. En cause : un dispositif jugé encore complexe à organiser au quotidien, des disparités de moyens humains et matériels entre les académies, et un calendrier budgétaire contraint pour l’Éducation nationale. Le choix fait est donc celui d’une montée en puissance progressive, fondée sur le volontariat des équipes, plutôt que d’une obligation uniforme qui aurait pu rester en partie théorique faute de moyens suffisants partout.

Cette prudence n'empêche pas le nombre d’établissements engagés de continuer à croître d’une rentrée à l’autre, porté notamment par les collèges situés en zones où les besoins identifiés sont les plus marqués.

Ce que cela change concrètement pour les familles

Pour les parents, la première question est de savoir si le collège de leur enfant propose le dispositif : l’information doit en principe être communiquée par l’établissement lui-même, en début d’année scolaire, au même titre que les autres activités sportives de rentrée proposées gratuitement sur le territoire. Quand il est proposé, les deux heures supplémentaires s’ajoutent à l'emploi du temps habituel, le plus souvent en fin de journée ou sur un créneau libéré dans la semaine, sans remplacer les cours d’EPS classiques. L’inscription reste généralement basée sur le volontariat de l’élève, avec un objectif de mixité entre élèves déjà sportifs et élèves plus éloignés de toute pratique.

Au-delà du collège, cette dynamique autour de l’activité physique des jeunes s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien à la pratique sportive, dont le Pass Sport et son aide de 50 euros élargie aux jeunes constitue un autre exemple, aux côtés des politiques de santé publique destinées à limiter la sédentarité à tous les âges.

Questions fréquentes

Tous les collèges proposent-ils les deux heures de sport en plus ?

Non. Le dispositif reste fondé sur le volontariat des établissements : seuls les collèges publics qui candidatent et obtiennent leur dotation le mettent en place, ce qui explique que plusieurs centaines d’établissements le proposent sans que cela concerne l’ensemble des 7 000 collèges de France.

Ces deux heures remplacent-elles les cours d’EPS ?

Non, elles viennent en complément des cours d’éducation physique et sportive habituels, sur un créneau distinct de l'emploi du temps, et non à la place de ceux-ci.

Comment un collège obtient-il le financement du dispositif ?

L’établissement candidate auprès de son académie et reçoit, s’il est retenu, une dotation calculée par élève inscrit au programme, avec un montant plancher garanti pour les structures aux effectifs plus réduits.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale