Chaque mois de novembre, la campagne Movember ressort les moustaches pour sensibiliser aux cancers masculins. Mais derrière ce symbole bien connu se cache un chiffre beaucoup moins médiatisé : prendre soin de soi reste un réflexe que beaucoup d’hommes n’ont toujours pas acquis, qu’il s’agisse de leur santé physique ou de leur équilibre psychologique.
Movember, bien plus qu’une moustache
Lancée à l’international, la campagne Movember rappelle chaque année quelques repères utiles : environ 60 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année en France, avec un taux de survie à 5 ans de 93 %, et près de 3 000 nouveaux cas de cancer du testicule, pour un taux de survie de 97 %. Des chiffres rassurants à condition d’être dépistés à temps : les hommes de 50 à 74 ans peuvent bénéficier d’un dépistage gratuit du cancer de la prostate tous les deux ans via l’Assurance maladie, alors qu’aucun programme de dépistage organisé n’existe pour ce cancer, contrairement à ceux du sein ou du côlon.
Le chiffre qui dérange : les hommes consultent peu
Au-delà du dépistage, c’est sur le terrain de la santé mentale que l’écart est le plus net. Une grande enquête sur la santé mentale au travail menée en 2026 montre que seulement 31 % des hommes consultent un psychologue et 20 % un psychiatre lorsqu’ils en auraient besoin. Pire : parmi les personnes ayant vécu un épisode dépressif caractérisé dans l’année, 44 % n’ont bénéficié d’aucune prise en charge — une proportion qui grimpe à 54 % chez les hommes.
Pourtant, l’écart de bien-être ressenti au travail ne joue pas en leur défaveur sur le papier : les hommes affichent un score de bien-être de 66 sur 100, contre 60 pour les femmes. Le paradoxe est là : mieux se sentir sur l’instant n'empêche pas de laisser filer les signaux d’alerte, faute de réflexe de consultation.
Pourquoi ce fossé entre hommes et femmes
Les professionnels de santé interrogés dans le cadre de ces campagnes pointent plusieurs freins récurrents : la crainte d’être jugé, l’idée reçue selon laquelle demander de l’aide serait un signe de faiblesse, et un simple manque d’habitude à consacrer du temps à soi-même. Ce n’est pas qu’une question de volonté : c’est aussi une question d’habitudes du quotidien à reconstruire, un peu comme on apprendrait à mieux dormir ou à bouger plus régulièrement. Le sujet du sommeil, justement remis en avant par la feuille de route nationale, illustre bien cette difficulté à se fixer des priorités simples mais durables.
La sédentarité fait partie des mêmes angles morts : l’Anses recommande de faire une pause active toutes les demi-heures pour limiter les effets d’une journée passée assis, une recommandation simple que peu d’hommes appliquent réellement, alors qu’elle rejoint directement les objectifs de prévention portés par Movember.
Des gestes concrets, pas seulement une moustache
- Caler un rendez-vous de dépistage ou un bilan de santé avant la fin de l’année, sans attendre un symptôme.
- Accepter de parler à un professionnel dès les premiers signes de fatigue psychologique persistante, sans attendre la rupture.
- Réintroduire des gestes d’entretien basiques, y compris sur le plan esthétique : bien choisir et appliquer une crème adaptée fait aussi partie d’une routine de soin de soi, trop souvent perçue comme réservée aux femmes.
- Bouger régulièrement dans la journée plutôt que de miser sur une seule séance de sport hebdomadaire.
Questions fréquentes
Movember concerne-t-il uniquement le cancer de la prostate ?
Non. La campagne couvre aussi le cancer du testicule, le cancer du pénis et, de plus en plus, la prévention du suicide et la santé mentale masculine au sens large.
À partir de quel âge se faire dépister pour le cancer de la prostate ?
Le dépistage gratuit via l’Assurance maladie est proposé tous les deux ans aux hommes de 50 à 74 ans, en l’absence de programme de dépistage organisé à l’échelle nationale.
Pourquoi les hommes consultent-ils moins un psychologue que les femmes ?
Les enquêtes évoquent surtout la peur du jugement et l’idée, encore répandue, que demander de l’aide serait un aveu de faiblesse — un frein culturel plus qu’un manque réel de structures d’accompagnement.
Sources
- Elsan — Movember 2026 : agir pour la santé des hommes
- Ifop — Grande enquête sur la santé mentale au travail 2026
- Santé sur le Net — Santé mentale des hommes : un sondage confirme les enjeux
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale









